Psara, son petit port, son monastère et ses 500 âmes

9 août

Nous arrivons après une bonne journée de nav' et une bonne frayeur (cf. la page de Steph : quand on est con, on est con !) au port d'Aghios Nikolaos à Psara.

C'est une petite île balayée par les vents du Nord, caillouteuse et aride. Le port où Humanes est amarré est typique : un long quai bordé de terrasses de cafés et tavernes animées du matin au soir, des petits bateaux de pêche en bois bleu et blanc qui partent en mer à l'aube ou à la tombée de la nuit. En arrière-plan, le village est tranquille avec ses maisons blanches et bleues, ses ruelles silencieuses aux odeurs de figue. Ici, très peu de touristes pour notre plus grand bonheur, quelques mini-markets qui se ravitaillent deux ou trois fois par semaine grâce au ferry venant de Khios. Les rayons des boutiques se vident en produits frais au fur et à mesure. Sur ces îles, on apprend à être patient (gros exercice pour le Cap'taine) et à vivre avec les moyens du bord ! Impossible par exemple de trouver un tuyau d'arrosage pour remplacer notre tuyau flexible percé ; il faudra attendre au mieux Mikonos ou bien Naxos !

Malgré la quiétude qui se dégage des lieux, ça bouge pas mal sur le port et les plages jusqu'à très tard dans la soirée. Il y a d'abord les jeunes rentrés de leurs études sur l'île pour les vacances, les plus petits scolarisés sur place, les anciens qui discutent bon train bien à l'ombre, quelques plaisanciers habitués, les pêcheurs... Emma se fait d'une Emma une copine de quelques jours chez qui elle mangera pour la première fois des oursins. Elle a trouvé ça SUPER bon et nous tanne pour une pêche à l'oursin ! Elle sait maintenant reconnaître les comestibles des autres !

Nous sympathisons avec des locaux assez rapidement et nous en apprenons un peu plus sur la population de Psara. Lors de la guerre d'indépendance grecque, cette petite île aves sa flotte de marins et d'armateurs dérange l'empire ottoman. Pour faciliter une contre-attaque en Grèce continentale indépendante, le sultan décide donc de débarquer 150 navires avec plusieurs milliers d'hommes sur Psara grande de 40 km2...17 000 personnes (les iliens et des réfugiés des îles voisines comme Khios) sont massacrées ou vendues comme esclaves. Ceux qui ne veulent pas tomber dans les mains ennemies se jettent avec femmes et enfants des hauts des falaises dans la mer. Seuls quelques survivants prennent la mer et créent l'île Anti-Psara à quelques miles de là. Un monument perché sur un piton rocheux visible de notre bateau commémore ce sinistre moment (cf. la galerie photo). Passons aux choses plus drôles : on apprend aussi que le 15 août est le jour de la fête de l'île. Les festivités commencent la veille au soir au monastère de Saint Nicolas. Le jour dit, nous décidons de monter au monastère. Un habitant nous dégote un taxi et nous voilà partis pour une balade de 15 km sur les routes sinueuses de l'intérieur de l'île ! Toute la population se retrouve incontournablement au monastère pour y prier, partager le pain béni, embrasser à tour de rôle toutes les icônes de l'église et chanter de 18h00 à 6h00 le lendemain matin. Chacun amène son casse-croûte et sa thermos. les cérémonies orthodoxes nous paraissent beaucoup moins formelles que celles célébrées dans nos églises catholiques ! Nous achetons quelques sucreries typiques de Psara au stand que tiennent quelques femmes du village. Nous mangeons quelques loukoums délicieux puis nous redescendons à pied dans les odeurs de thym et d'origan avec le son des clochettes des chèvres jusqu'à ce qu' un jeune couple sympa nous prenne en stop, les enfants et moi, au grand soulagement de nos pieds et de mes jambes endolories ! Stéphane continue seul jusqu'au port pour prendre des photos soleil couchant. Le 15, c'est le jour du grand banquet sur le quai : On dîne parmi la centaine d'habitants près de deux jeunes étudiantes grecques, du prêtre orthodoxe du monastère au son d'une musique locale. Les danses se terminent vers 8h du matin !

Chaque été à Mojacar, nous avions l'habitude de prendre un petit déj en montagne pour voir le lever du soleil sur la mer. C'est un moment magique ! Nous décidons donc de perpétuer la tradition et, un matin, nous voilà partis à 6h30, thermos remplis de chocolat chaud et thé, tartines préparées par le Cap'taine , à l'escalade (un bien grand mot !) du rocher commémoratif. Le soleil se lève sur les îles grecques, on respire l'air frais iodé. Que c'est bon ! Du coup, Steph improvise avec son sérieux habituel (!) un cours de gym matinal avec les deux filles hilares ! Une pensée à nos potes Yvo, Mimi et leurs 3 poulettes avec qui nous partagions ce moment-là à Mojacar ...

Nous passons une belle semaine reposante à Psara. Hugo a même le temps de faire son baptême de plongée avec son père comme moniteur dans les eaux calmes de cette île.

« Nath second d'Humanes ! »

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